Le sublime dans l’art représente la manifestation des peurs de l’homme face à la nature déchaînée. Il a pour but d' émouvoir avec l' horreur et le plaisir, c'est un sentiment ambigu qui unit jouissance et terreur à la fois. Pourtant le spectateur a la sensation d' être éloigné de la peur mais il serait plutôt comme en transe. Les manifestations du sublime se trouvent dans les paysages comme la mer agitée, l'orage, les naufrages, les marécages, les grottes, les serpents, les loups, les tigres, les lions, les vastes plaines, la nuit, les sombres forêts, la mort, les montagnes escarpées et les rochers, les précipices, les lacs, les spectres, l' antre de Vulcain...
La France a toujours eu un goût prononcé pour le romantisme et l’impressionnisme. Le sublime est donc régi par les sentiments connus un jour ou l’autre par chacun d’entre nous. L’héroïsme ou la lâcheté sont des opposés qui s’attirent, là où un homme s’élève par des actes de bravoure, un autre s’abaisse par sa cupidité et son égoïsme. A chacun d’essayer d’imaginer dans quel camp, il pourrait être ? La réalité serait sans doute surprenante !!!.

Les origines de l’esthétique du sublime doivent remonter à la traduction de Boileau en 1764 du traité Du sublime attribué à Longin, rhéteur du IIIème siècle après J-C. Boileau en parle aussi dans le Discours. Ce courant fait appel aux sentiments et non à la raison des Lumières. Sous l'influence des philosophes, les paysages se dramatisent, ils s'imprègnent de mélancolie, de pathétisme. Boileau définit le sublime comme ce qui « élève, ravit, transporte ». En 1760, le sublime, c'est l'antithèse du beau qui traduit un esthétisme. C'est une mode artistique venue d'Angleterre qui montre la rupture avec l'harmonie et la beauté originelle. Cela coïncide avec l'apparition du jardin anglo-chinois qui propose une beauté sauvage et avec la résolution industrielle. Le sublime contamine les paysages acardiens et fantastiques. Les marines de Vernet ont été célébrées pour leur côté sensationnel en 1767.
Longin écrivait que la sublimité se trouvait dans la nature qu’il existait un Dieu au dessus de toute règle, ses idées sont développées surtout en Angleterre qui nourrit un culte pour leurs poètes rebelles à toute contrainte comme Shakespeare, Spenser, ou Milton.
Au 17ème siècle, le sublime dans l'art, c'est Dieu, avec la rhétorique, il se détache de tout. Edmund Burke publie son Enquête philosophique sur l’origine de nos idées du sublime et du Beau en 1757, c'est un essai au succès considérable sur les diverses formes du plaisir. Pour Burke, le sublime est une catégorie esthétique indépendante du Beau, liée aux idées d’infini et de terreur, il va opposer le beau et le sublime en les détachant de la morale. Kant se souvient certainement de cet essai dans la Critique du jugement (1790) où l’on trouve une analyse plus organique et plus profonde du sublime défini comme « ce qui est absolument grand », c’est à dire d’une grandeur qui ne supporte aucune comparaison. Pour le philosophe, ces choses terribles contemplées en toute sécurité sont sublimes car elles grandissent l'énergie de l'âme. Ces manifestations climatiques confrontent l'homme à la nature. Kant insiste aussi sur la grandeur morale du sublime associée à Dieu et à l'infini. Tout cela est très éloigné du romantisme.

Avec Shaftesbury, esthéticien anglais, une page se tourne, la pensée revient à l'essentiel, à l'origine du monde, au partage originaire issu de la Renaissance. Le siècle des Lumières se décentre de l'esthétique vers la théologie et la modernité peut commencer. Selon Shaftesbury, l'artiste en créant une oeuvre d'art est l'égal de Dieu parce qu'il ne fait pas une représentation du monde mais il recrée le monde. L'art lié à l'extase et au sacré vient remplacer Dieu car l'homme devient Créateur et répète dans le Beau, la création originelle du monde. L'artiste et le spectateur sont envahis par le sentiment du "sublime".
Dans la seconde moitié du XVIIIèm siècle, le sublime contribue en littérature à la vogue des Poèmes d’Ossian et du roman gothique, et à la naissance du mouvement allemand du Sturm und drang.

Les années qui suivent la Révolution française marquent une profonde transformation dans le statut de l'artiste qui veut exalter son moi intérieur. L'artiste inaugure une conception individualiste de l'oeuvre, il met en avant une sensibilité personnelle et une conscience du caractère unique. Son client est, beaucoup plus souvent, un particulier, issu comme lui des classes moyennes et que sa personnalité intéresse. Cela se traduit non seulement par le choix de sujets propres à exalter le sentiment (réputé personnel alors que la raison est universelle), mais aussi dans l'importance accordée à la " touche " de l'artiste qui a conscience de son génie personnel, même s'il n'est pas reconnu par la société.

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